Julien Stout

Doctorat en littératures de langue française

Julien s’intéresse à la figure d’auteur dans les manuscrits qui ont transmis les œuvres de plusieurs poètes médiévaux. Il est encadré dans sa thèse par le pr Francis Gingras, qui a effectué des recherches sur l’histoire du roman, le Long Moyen Âge littéraire et le livre au Moyen Âge.

En deuxième année de baccalauréat en lettres et sciences humaines, Julien rencontre Francis Gingras, aujourd’hui son directeur de thèse. « C’est un directeur hors pair qui possède une rare souplesse d’esprit, explique-t-il. Le choisir comme directeur, c’était refuser le confort intellectuel et embrasser un travail acharné, mais porté vers de nouveaux horizons. »

Julien prône l’effort intellectuel et une soutenance des idées par des étais. « Le mythe de l'artiste romantique, de l'intellectuel génial et même du journaliste qui peut avoir une opinion instantanée sur n'importe quoi ont créé l'illusion tenace que, pour avoir une idée, il suffisait de quelques minutes de "réflexion". La thèse, en tant que travail de longue haleine, permet de forger une opinion débarrassée des idées reçues et de contribuer significativement au débat public. »

Au Département, Julien a été marqué par la convivialité des étudiants. « J'ai fréquenté d'autres environnements de travail, où l'esprit de compétition prenait des proportions étouffantes, toxiques. Ici, je sens une grande bienveillance entre les élèves, un bel esprit de groupe. »

En partenariat avec Francis Gingras, Julien participe présentement au projet Fabliau, terme qui fait référence à de brefs récits médiévaux. « Ce projet concret, qui m’offrait des occasions de voyage et de financement, m'a été présenté à une époque où je vivais de l’incertitude quant à mon parcours universitaire. C'est sans doute pour cela que le programme m'a particulièrement séduit. » Il travaille à la construction de la figure d’auteur dans les manuscrits qui ont transmis les œuvres de Rutebeuf, Baudoin et Jean de Condé, trois poètes des treizième et quatorzième siècles.

Julien explique que la notion d’« auteur » est une invention relativement récente. Au treizième siècle, « il devient essentiel d’"humaniser" et d’anthropomorphiser les textes contenus dans les manuscrits, ce que la figure de l’auteur permettrait ». En se plongeant dans une perspective historique du sujet, il espère apporter un regard neuf sur les concepts d’identité, de création et de propriété intellectuelle, très présents dans les discours actuels.

Ses plans pour l’avenir? « J’aimerais bien réaliser un film ou deux, ou encore enseigner à l’université. »