Gilles Marcotte

Professeur émérite
Faculté des arts et des sciences - Département des littératures de langue française
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Biographie
Texte paru en ligne dans Nouvelles de l’APRUM (Association des professeurs retraités de l’Université de Montréal), novembre-décembre 2015.
Gilles Marcotte (1925-2015)
Le professeur émérite Gilles Marcotte est mort le 20 octobre 2015; il aurait eu 90 ans le 8 décembre.
Le parcours universitaire de Gilles Marcotte est atypique. Il a d’abord été journaliste (La Tribune, Le Devoir, La Presse) et il a aussi travaillé à Radio-Canada et à l’Office national du film. Il n’entre au Département d’études françaises qu’en 1966 (il a presque quarante ans); il en sera le directeur en 1973-1974, puis de 1978 à 1981. Il a reçu sa maîtrise de l’Université de Montréal en 1951 et son doctorat, de l’Université Laval, en 1969.
On connaît surtout le rôle qu’a joué Gilles Marcotte dans le développement de la littérature québécoise, qu’il a accompagnée plus que quiconque des années 1950 à la première décennie du XXIe siècle, dans les journaux comme à l’université. Il était un spécialiste incontesté de sa poésie (Le temps des poètes, 1969) et de son roman (Le roman à l’imparfait, 1976). Il a dirigé la publication d’une Anthologie de la littérature québécoise en quatre forts volumes (1978-1980). Pour tous les québécistes, Une littérature qui se fait (1962; rééd. 1994) est un ouvrage classique. Plusieurs des essais de Gilles Marcotte ont été rassemblés en recueils : Les bonnes rencontres (1971), Écrire à Montréal (1997), Le lecteur de poèmes (2000), Les livres et les jours (2002), La littérature est inutile (2009). Une réédition de Littérature et circonstances (1989) paraissait au moment de sa mort.
Mais Gilles Marcotte était aussi un grand lecteur de la poésie française des XIXe et XXe siècles, et un mélomane. Le poète français sur lequel il a le plus écrit est Rimbaud (La prose de Rimbaud, 1983; rééd. 1989) et il était un commentateur éclairé de Paul Claudel et de René Char. Collaborateur fidèle de la revue Liberté, il y a longtemps tenu une chronique intitulée «L’amateur de musique» (un recueil de ces chroniques a paru, sous le même titre, en 1992). Excellent vulgarisateur, il a écrit pendant plus de deux décennies pour le magazine L’Actualité.
Gilles Marcotte n’était pas que critique littéraire et musical. Il a aussi signé des romans (Le poids de Dieu, 1962, trad. anglaise 1964; Retour à Coolbrook, 1965; Un voyage, 1973) et des recueils de nouvelles (La vie réelle, 1989; La Mort de Duplessis, 1999). Ses plus récentes œuvres en prose témoignent d’une imagination fertile; lire Une mission difficile (1997) et Le manuscrit Phaneuf (2005).
La carrière de Gilles Marcotte a été ponctuée de nombreux prix et distinctions : Prix du Gouverneur général du Canada, prix France-Québec, Grand prix littéraire de la ville de Montréal, Prix La Presse, membre de l’Ordre du Canada, officier de l’Ordre national du Québec, membre de l’Ordre des francophones d’Amérique, médaille de l’Académie canadienne-française, médaille Lorne-Pierce de la Société royale du Canada, prix Athanase-David pour l’ensemble de son œuvre, docteur honoris causa de l’Université de Guelph.
En 1995, collègues, étudiants et amis lui ont offert un volume de Miscellanées (éditions Fides). L’année suivante, Pierre Popovic faisait paraître des Entretiens avec Gilles Marcotte. De la littérature avant toute chose (éditions Liber).
Son collègue Robert Melançon a dit de lui qu’il était «le contemporain capital de plusieurs générations d’écrivains québécois». Il a vu juste.
Benoît Melançon, directeur
Département des littératures de langue française
Université de Montréal